Projet Bradbury : bilan de 52 semaines d’écriture

17 Fév 2024

100 000 mots. Le bilan du projet Bradbury tient déjà dans ce nombre assez ahurissant pour moi. J’ai écrit environ 100 000 mots en un an. C’est beaucoup ! Pour moi en tout cas, c’est beaucoup. Mais au-delà de ce nombre, j’avais envie de revenir plus en détail sur ce projet dans lequel je me suis lancée il y a un peu plus de 52 semaines.

Un trajet en côte

Avant de commencer le projet Bradbury, je m’étais préparée. J’avais notamment quelques idées de nouvelles griffonnées dans un carnet, afin d’avoir quelque chose dans lequel piocher si je n’avais pas d’idées. Ça m’a rassurée d’avoir ça sous la main.

En ce qui concerne l’imagination, le début du projet a finalement été plutôt « simple ». Les idées venaient à moi, j’arrivais à écrire sans trop de difficultés. Ce qui ne veut pas dire que c’était facile pour autant. Parfois j’avais des idées, mais je n’arrivais pas à les mettre en mot. Traduire cette image complète qui se formait dans mon esprit n’était pas toujours aisé. J’ai eu quelques problèmes de santé, notamment un accident de voiture, et ça n’a pas facilité les choses non plus. Et puis parfois le temps m’a manqué, les journées et les semaines étaient remplies et laissaient peu de place à l’écriture. Mais globalement, je dirais que les vingt premières semaines se sont déroulées sans trop d’accrocs.

Après, ça a commencé à être difficile. Une partie de moi se demandait comment j’allais pouvoir encore trouver 30 autres idées sur quoi écrire. La motivation n’était pas toujours présente. Écrire demande quand même du temps. Et puis j’ai plusieurs fois été frustrée de constater que ce que j’écrivais était moins fort, moins riche que ce qui vivait dans mon esprit. Comment mettre en mot quelque chose de vivant, comment faire en sorte que ça ne perde pas de vie, de puissance ? Parfois, les mots sont bien faibles par rapport à ce qu’on peut vivre intérieurement.

Vers la 30e semaine, je n’en pouvais plus. La motivation n’était plus que très peu présente. Quelques instants, par-ci par-là. J’ai eu des hauts et des bas, certaines semaines ça venait quand même. Et puis d’autres, c’était presque une torture.

Après la 40e semaine, ma motivation a globalement pris des vacances. Cela dit, j’ai sorti quand même quelques nouvelles que je trouve chouettes, des univers se sont ouverts à moi et j’ai envie d’y replonger, de les explorer à nouveau, plus en détail, pour en extraire des nouveaux récits, des instants de vie.

Et puis vint la fin…

« La dernière porte au bout du couloir » est la 52e et dernière nouvelle de ce projet Bradbury. Je l’ai terminée le samedi 27 janvier. Dans la foulée, j’ai fait la couverture, j’ai préparé la publication et rédigé la newsletter pour le lendemain. Et quand j’ai eu tout fini, quand j’ai cliqué sur « Programmer », la sensation a été particulière. J’avais terminé. Ce projet au long court, ce marathon qui m’a donné du fil à retordre par moments, je l’avais fini. J’étais allée au bout. J’ai été tellement heureuse, tellement fière de moi ! C’était un vrai bonheur. Et aussi une part de soulagement, on ne va pas se le cacher. Car la fin signifiait aussi un peu de repos, plus de date limite, d’obligation à publier ! Ça aussi ça fait du bien !

Et puis, au-delà de tout ça, de cette fierté, de ce sentiment du travail accompli, j’avais envie de parler d’autres choses dans ce bilan : écrire et publier une nouvelle toutes les semaines pendant 1 an, c’est un marathon. Et forcément, ça fait bosser. J’avais aussi envie de parler de ça dans ce bilan.

Le perfectionnisme

Je suis perfectionniste. Et contrairement à ce que certains pourraient croire, ce n’est pas forcément une qualité. Pas tant qu’on ne sait pas en faire une force en tout cas. Car non, être perfectionniste ce n’est pas faire les choses à la perfection (c’est quelque chose que j’ai entendu), bien au contraire. Et c’est d’ailleurs là qu’est tout le nœud du problème. La perfection n’existe pas… Et comment atteindre quelque chose qui n’existe pas ? C’est impossible, tout bonnement. Le perfectionniste a donc tendance à ne jamais considérer quelque chose comme terminé (car imparfait). Chez moi, ça se traduit par plusieurs choses. D’une part, je ne suis pas satisfaite de ce que je produis. D’autre part, ce n’est pas parfait, donc c’est à jeter (ah oui, il n’y a pas d’entre-deux). Tout cela mène au fait qu’en fait ça ne sert à rien de terminer un projet, car il ne sera jamais bien. Et puis en fait, du coup, à quoi bon même le commencer, ce projet ? Mon perfectionnisme me mène donc à la procrastination.

Je travaille sur mon perfectionnisme depuis plusieurs années. Et ce projet Bradbury fait aussi partie de ce boulot. Car une nouvelle imaginée, écrite et publiée en 1 semaine n’est évidemment pas parfaite. Mais je me suis donné cet objectif. Je sais que tous les dimanches je dois publier quelque chose. J’ai passé ce contrat avec moi-même. Et donc je me lance. J’écris sans regarder en arrière, je mets en page et je publie. J’ai forcé mon cerveau à ne plus trop réfléchir, je l’ai empêché de me dire « hey, franchement, pas ouf ça ». Je l’ai mis en sourdine.

Après 52 semaines, je dois avouer que ce n’était plus tellement quelque chose auquel je pensais. C’était inscrit en moi en quelque sorte : non ce n’est pas parfait, et c’est complètement OK. Tout va bien.

Croire en moi

Le projet Bradbury m’a aussi aidé à croire en moi. Ça rejoint le point évoqué plus haut. Lâcher une partie trop stricte et rigide de moi-même m’a permis de me détendre. Vers la fin de l’aventure, j’ai relu quelques passages écrits des mois avant et j’ai pu me dire que c’était chouette, qu’il y avait vraiment des choses que j’aimais.

Et ça, croyez-moi, ça fait du bien.

Pour autant, il y a eu une nouvelle ou les choses se sont passées différemment. Où ça n’a pas du tout été. Je ne voulais pas en parler au moment de la publication, parce qu’il me semblait que ce n’était pas le moment, et puis je ne voulais pas influencer l’avis des personnes qui allaient lire mon histoire. Lorsque j’ai écrit « Les cascades d’Omi », c’était la 45e semaine de l’aventure. Et pour la première fois en presque 1 an, pendant que j’écrivais, je me disais que c’était mauvais. On était le jeudi ou le vendredi, j’étais en train de taper, de donner corps à quelque chose que j’avais en tête, et je n’arrêtais pas de me dire que vraiment c’était nul. J’avais une belle idée en tête, et ça se retranscrivait en quelque chose de quelconque, sans saveur. Et dans le même temps, j’étais un peu stressée, parce qu’il fallait que je publie quelque chose le dimanche et que je n’avais pas d’autres idées. C’était un sentiment désagréable. J’ai réussi à terminer la nouvelle, pas très contente de moi. C’est l’histoire que j’aime le moins des 52 (il en faut bien une, j’imagine). Mais j’en tire quelque chose de positif : elle existe quand même. Je l’ai quand même publiée. Quelque chose qui aurait été impensable quelques mois auparavant.

Mes histoires favorites

Vous connaissez donc maintenant la nouvelle que j’aime le moins. Mais dans le nombre, il y en a aussi que j’aime bien.

C’est le cas de « Madeleine », qui me touche beaucoup, ou de « Soñj », dans laquelle j’ai mis des bouts de mes ancêtres. Avec « Ultan », c’est la première fois que je me disais que j’avais envie d’écrire dans cet univers que je venais de créer. Et ça a été le cas aussi avec « La lumière derrière la porte », « Vol à l’étage » et « Le portayeur ». J’ai aussi une affection particulière pour « La fille en haut de la tour », qui fait partie de tests d’écriture, et j’en aime le résultat. En fait, je crois que je les aime toutes, même « Les cascades d’Omi ». Elles sont comme une partie de moi au moment où elles ont jailli de mon esprit.

Et puis, j’ai eu plusieurs beaux retours sur « Le bonheur des uns ». Ce texte a touché du monde et j’en suis ravie. Car c’est pour ça que j’écris : pour faire passer de bons moments aux personnes qui lisent mes textes, pour peut-être leur chatouiller le cœur et l’esprit. Et mon objectif, c’est de continuer.

Toutes ces nouvelles, ces bouts d’histoires, ces instants de vie, vont être regroupées dans un recueil. J’en ai commencé la conception. Je pense mettre en place une prévente, alors n’hésitez pas à me faire signe si vous êtes intéressé. Vous pouvez aussi vous abonner à ma newsletter, pour être au courant de tout ça !

Merci de m’avoir lue, tout ou en partie. Merci de m’avoir fait des retours, ils sont précieux, sachez qu’ils permettent d’avancer quand on n’a plus la motivation. Savoir qu’on est lu, regardé, c’est important pour un artiste. Ça permet de se dire qu’on ne fait pas ça dans le vent, ça aide vraiment !

N’hésitez pas à me dire quelle histoire vous a plu, s’il y en a une qui vous a touché, de quelque manière que ce soit.

Quant à la suite… elle arrive !

6 Commentaires

  1. Rose

    Bravo Leni d’être allée au bout de ce projet. Merci de partager avec nous ce marathon d’écriture qui nous montre qu’il faut savoir s’accrocher pour aller au bout de nos rêves. Encore bravo.

    J’attends la parution du livre papier pour me.replonger avec délices dans tous ces univers.

    Bonne continuation.😊

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    • Leni

      Merci Rose ! ❤️
      Le recueil arrivera dans quelques semaines, j’ai envie de faire les choses bien (mais pas parfaites ! 😉)

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  2. Annette

    Bravo pour tout cet énorme travail !! Merci de nous partager ces états d’être intimes et vulnérables ❤️
    Hâte de lire le recueil…

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    • Leni

      Merci beaucoup ! Ça me touche !
      Le recueil arrive ! 😀

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  3. Sam

    « le bonheur des uns » est l’une des nouvelles qui m’a le plus touchée 😍

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